Adieu l'été, bonjour l'acné !

Retour de vacances, peau lisse et bronzée, moral au beau fixe pour aborder la reprise, et vlan ! à rebours de la saison, c'est le printemps des boutons. Mais que se passe-t-il donc pour que les peaux mixtes ou grasses, de préférence jeunes et sujettes aux impuretés soient presque toujours, à la rentrée, victimes de ce phénomène réactionnel ? Par : Martine Chrone

Yon-Ka - parole d'expert - acné après-soleil
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Phénomène réactionnel de la peau après l'exposition prolongée au soleil

I. Comment ça marche… quand tout va bien

II. Chronique d'un désastre annoncé

III. Pas toucher !

IV. Attention fragile…

V. Comment faire pour que tout aille bien ? 

Comment ça marche… quand tout va bien

D'une manière générale, avec ou sans boutons, la peau exposée au soleil mobilise ses défenses naturelles contre les UV qu'elle perçoit comme de véritables agresseurs. 

Entre autres mécanismes complexes de protection, elle active son potentiel de pigmentation dès que la dose d'UV atteint un certain seuil : paresseusement tapies au fond de l'épiderme où elles hibernaient pendant tous ces mois de frimas et de grisaille, les cellules responsables du bronzage (les  mélanocytes) se réveillent, accélèrent la synthèse de leur contenu en pigment (la mélanine), se multiplient et migrent vers les couches supérieures de la peau. 

Là, elles se déploient comme par effet-parasol  pour protéger le précieux contenu génétique des cellules nichées dessous. 

En quelques jours, selon la qualité et la quantité de pigment mélanique livré aux différentes couches de l'épiderme, s'élabore un bronzage plus ou moins intense donc plus ou moins protecteur. 

Simultanément, se déclenche une autre réaction de défense, invisible celle-là, c'est l'épaississement de l'épiderme par augmentation du nombre de ses couches cellulaires. 

Il devient alors une sorte de matelas protecteur sous lequel restent à couvert les cellules germinatives, mais aussi, et c'est ce qui nous intéresse, les glandes responsables de la production du sébum, cette substance huileuse qui fait la peau luisante et le cheveu gras. 

Chez les peaux à tendance acnéique, le sébum est colonisé par des bactéries, ce qui favorise déjà la formation de comédons, points noirs, microkystes... Lorsque, en plus, les glandes sébacées restent maintenues à distance de la surface, le sébum ne s'écoule plus par les pores (orifices pilo-sébacés) ni aussi facilement, ni aussi régulièrement qu'auparavant.

On en tire un avantage : peu à peu la peau brille moins, les pores semblent se resserrer, et miracle, en 2 à 3 semaines, les boutons disparaissent ! 

Hélas, illusion, tout n'est qu'illusion… 

Chronique d'un désastre annoncé

En réalité, les boutons sont toujours là, nichés en embuscade : asséchés par le soleil, masqués par le bronzage, dissimulés par l'épaississement de l'épiderme, mais toujours alimentés par le sébum et ses colonies bactériennes, les boutons continuent à mûrir sous la surface de la peau leurs projets dévastateurs. 

A la rentrée, en l'absence des séances-bronzette bien souvent sacrifiées aux exigences familiales et professionnelles,  l'épiderme retourne à  son état d'avant l'irradiation, retrouvant lui aussi une activité normale. 

En quelques semaines, le temps d'un cycle complet de renouvellement, le bronzage s'élimine par la desquamation, en même temps que par la reprise progressive de l'activité cellulaire antérieure, et le retour des couches profondes à leur épaisseur précédente.

C'est ainsi que l'on débronze et que cette déception bien compréhensible tourne peu à peu à la chronique d'un désastre annoncé : tels ces inquiétants récifs que l'on voit affleurer à marée descendante puis émerger, triomphants, à marée basse, les boutons réapparaissent jour après jour, flanqués d'un cortège d'inflammations, infections, rougeurs et douleurs. 

Leur retour en force et en rangs serrés est lié à l'excrétion de ce sébum préalablement retenu captif, devenu entre-temps le "quartier général" de bactéries virulentes.

Pas toucher !

Et l'on n'a alors qu'une envie, c'est tripatouiller, malaxer, triturer ses boutons, mieux, les faire exploser entre deux ongles rageurs. Il faut absolument résister à cette tentation car plus on tripote ses boutons, plus on contamine les régions saines ; par ailleurs, la peau blessée peut mal cicatriser et conserver définitivement des taches voire des trous. 

Attention fragile…

Bien que plus épaisse, la peau à boutons est fragile, réactive et demande plus de délicatesse qu'il n'y paraît. Il est fortement déconseillé de l'agresser avec des savons ou gels ordinaires, ou de la décaper à l’alcool  ou à l'éther, car par réflexe de protection contre un agent desséchant, la peau n'aura rien de plus pressé que se napper de sébum (hypersécrétion réactionnelle de sébum)… Le contraire de ce que l'on souhaite !

Comment faire pour que tout aille bien ?

Pour "calmer le jeu", c'est tout en douceur que l'on restituera à la peau son équilibre.

Une douceur qui n'exclut pas l'efficacité : quelques produits intelligemment choisis, un soupçon de régularité dans le rituel-soin agrémenté d'une once de discipline, et c'est avec ravissement, bonheur et soulagement que l'on notera combien il est simple de se débarrasser des boutons trouble-fête, et retrouver une peau nette, saine et lumineuse…

 

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